Spiritualité VS Science

Ayant vécu des expériences d’éveil très jeune, je me suis vite intéressée aux textes existentiels. Au collège, j’étais absorbée par les classiques de la philosophie. Je dévorais tout qui nourrissait ma soif du savoir sur la vie, pourquoi nous sommes là, etc. Guidée par le savoir profond et non informatif, et mes expériences passées d’éveil, je buvais toutes les réponses sur lesquelles je tombais. Ça ne suffisait pourtant pas à satiété. Car la recherche venait d’un espace qui ne pourrait jamais être au même niveau, que l’état de conscience vécu dans l’éveil, notre conscience pure.

Au fil du temps, j’ai laissé de côté ces lectures philosophiques. J’étais passionnée par l’univers, ou du moins, j’étais attirée par la grandeur que j’observais lors d’une nuit étoilée. Cette immensité résonnait en moi. Je vibrais avec la nature. Et quelque chose en moi à tenter de nourrir cela, avec des informations. Donner des noms aux arbres, des noms au étoiles, reconnaître les formes. Une nouvelle soif a émergé. Une nouvelle quête menée en vain.

À défaut de me contenter de ce simple sentiment de béatitude, de pur plaisir de vivre, je me suis tournée vers la spiritualité. J’y trouvais, semble-t-il, tant de résonance. L’idée de Dieu m’avait pourtant toujours un peu effrayée lorsque j’étais petite. Je priais, certes, mais je priais ma bonne étoile ou l’univers… Rien qui ne soit trop encadré dans une image, une identité.
La « religion » qui m’a le plus inspiré fu celle du bouddhisme. J’en avais découvert quelques notions au début du lycée, lorsque je lisais encore de la philosophie. Il y a avait quelque chose d’accessible et de simple dans le bouddhisme. Tellement inspirée, je me suis fait faire mon premier tatouage près du coeur, le symbole du noeud sans fin. Symbole, que je découvrirais bien plus tard, comme étant l’emblème de Dharamsala, du Dalaï Lama. Bref, aux alentours de mes 25 ans, j’ai découvert le centre bouddhiste de Londres, et vécu de merveilleuses expériences de méditation. La méditation est devenue une pratique régulière, que je chérissais tendrement.
À peu près à la même période, j’entamais une relation amoureuse qui fût la plus longue de ma vie. Et l’homme avec qui je passais une bonne partie de mon temps, était scientifique de formation… J’en viens à mon sujet… inspiré par deux relations que j’ai eu avec des hommes.
Ma relation avec cet homme s’est terminé après deux ans. Je m’étais convaincue (Qui a convaincu qui ?) qu’il n’était pas assez conscient, que j’étais trop intelligente et éveillée… (cela me fait doucement rire aujourd’hui, même si cet aspect de moi est encore présent). Les trois années qui suivirent notre rupture, j’ai voulu me donner de l’amour, m’éveiller spirituellement… Je suis devenue nomade, j’essayais d’appliquer des préceptes spirituels dans ma vie, je me suis mise à lire des ouvrages spirituels, à écouter des podcasts, à faire du yoga. Je me disais minimaliste. J’avais besoin de peu. Et voilà ce que commence à réaliser … Tout cela a nourri une identité, un ego, une personne orientée vers la spiritualité. Lorsque je parle de spiritualité ici, je parle de ce « domaine » qui réunit des « pratiques spirituelles » ou de « développement personnel ».

Peut-être que vous voyez où je veux en venir. Mon mental a quelques résistances à poser cela, et mes propos commencent à manque de structure, peut-être. Pourquoi est-ce que je raconte tout cela ?

Parce que, certainement un des éléments les plus présents lors de ma rupture avec cet homme, est l’incompréhension. Cette sensation que j’avais de ne pas être comprise, cette frustration ressentie qu’il ne me comprenne et qu’il ne saisisse pas mon langage. Mais derrière cette dense frustration, je sentais qu’une vérité voulait émerger. Je n’arrivais pas à bien la saisir.

Dans un passé bien plus proche, une même frustration est arrivée. J’essayais d’expliquer la conscience, les niveaux de conscience a un homme évoluant dans le milieu scientifique, et qui ne pouvait saisir ce dont je parlais. J’ai ressenti beaucoup de jugement de sa part et toutes sortes de défenses intérieures sont venues à la rescousse. « tu ne peux pas lui faire comprendre s’il n’a pas le même niveau de conscience que toi », « il est complètement dans le mental ».

Ce que j’ai observé, c’était aussi mon envie qu’il comprenne mon … point de vue. Et petit à petit, j’ai réalisé que je tentais de défendre ce en quoi j’avais investi tant de temps et d’énergie. L’importance pour moi n’est pas dire si la spiritualité ou la science est meilleure mais de voir comment chacune est simplement … un point de vue, … une fenêtre. Et si je laisse tombé tout ce que j’ai construit, cette identité autour de la spiritualité, alors je n’ai plus aucun besoin de « me » défendre. Alors le voile tombe, ce masque pourtant si joli, disparait… Je suis nu dans le néant.

Ce que je réalise est que parler de spiritualité et parler de science, ne peut pas réellement se rejoindre car cela ne vient pas du même espace, de la même intention et ça ne répond pas forcément aux mêmes questions. Ce que j’apprends également, c’est ce que d’être sur la défensive par rapport à la spiritualité, ou me sentir « attaquée » « frustrée » lorsque mes interlocuteurs ne la cautionnent pas, vient de l’ego. Et j’observe tout cet attachement que l’ego a envers la spiritualité. J’observe que je ne suis pas cette personne attachée à la spiritualité. Du moins, je m’en désidentifie peu à peu. Si je peux déconstruire « ce que je suis », ou si ce que je crois être peut s’écrouler lorsque je ne tiens plus les murs en place, alors Qui suis-je ?

Ce qui m’a d’abord amené à la spiritualité est cette quête. Et grâce à ces débats pour lesquels j’ai beaucoup de gratitude, j’observe, en dessous de tout, ce qui reste, ce qui est vrai.

Cela ne m’empêche pas d’être attirée par la spiritualité, la méditation, les retraites, les livres d’astrologie, les livres sur les chakras, les récits initiatiques, les ouvrages d’Eckhart Tolle, etc. Mais j’observe maintenant la différence entre Être, être Soi, être Conscient et cette toute autre partie plutôt liée à la « personnalité » mais qui est en surface. Les vagues ne pourront jamais touchés le fond de l’océan et pourtant elles y sont connectées.

Pour autant, je ne juge pas cet ego. Et je ne crois pas qu’il se dissolve facilement. J’accepte le conditionnement et j’avance une réalisation à la fois, un pas après l’autre.

Voici quelques vidéos qui m’ont inspiré :

Un débat entre Léonard Mlodinov, physicien et écrivain et Deepak Chopra, penseur et médecin : Vidéo
Mooji, Don’t be a spiritual person, just be free : Vidéo
Eckhart Tolle, How Can I Decide Who Is to Be My Partner? : Vidéo
Teal Swan, Resistance is not always a bad thing : Vidéo
We See It Too Late – Robin Williams On The Fragile Meaning Of Life : Vidéo
Eckhart Tolle, What Do I Do When My Partner Isn’t Awake Spiritually? Vidéo

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